L’addition rentable


Cote de boeuf     Ce soir apéro avec un mec/mec rencontré en soirée/mec qui vous harcèle depuis/mec qui devient lourd. Ce qui est sûr c’est que vous dînez avec quelqu’un qui tient particulièrement à vous revoir mais que vous ne savez pas bien nommer. Ses parents eux l’appellent Jean-Jacques, sûrement parce que ses grands-pères s’appelaient Jean et Jacques.   Vous arrivez en retard. Avec une tête post journée 8h-8h il met 8 secondes à vous reconnaitre.

Vous prétextez ne pas avoir eu le temps de vous apprêter. Ça vous faisait chier.

Jean-Jacques vous dit que c’est la simplicité qui donne un charme. Raccourci facile et peu valorisant pour lui : il n’a qu’une idée vous sauter. Mais selon vous le charme c’est ce truc en plus que CLAIREMENT Jean-Jacques n’a pas.

Vous n’avez pas d’autres plans ce soir, vous acceptez de dîner.

  Après bref topo sur le boulot, vous passez commande. Si JJ vous plaisait vraiment, vous auriez commandé un de ces maigres filets de poissons qui laissent penser ; qu’avant de les pêcher ; ils étaient autant à la diet que vous. Mais comme il ne vous plait pas plus que ça, vous commandez la côte de bœuf 500gr pour deux, avec double portion de frites. Vous avez la dalle et lui pense que vous succombez déjà.   Arrive la carte des desserts, normalement vous n’en prenez pas mais comme vous vous faites chier vous prenez le GIANT moelleux choco avec coulis caramel et le pot de glace posé dessus. Us et coutumes des serveurs : ils apportent deux cuillères. Mais vous tirez furtivement l’assiette vers vous (« N’y pense même pas Jean-Jacques ».).   C’est votre dernière bouchée, il ne perd pas de temps et semble encore avoir faim :
« On va chez toi ou chez moi ? ».
Instant T vous auriez dit : « moi je vais chez moi et toi tu rentres bien gentiment chez toi. ». Mais vous mâchez, avalez, passez la langue sur vos dents, et répondez poliment :
« Je vais rentrer je suis crevée et je dois me lever tôt demain. »
Un froid s’installe. JJ ne digère plus le bœuf partagé. Et la note lui semble salée. Oui certains hommes qui vous invitent à diner ont l’idée de rentabilité et clairement pour Jean-Jacques il y a une couille dans le ratio payer le resto/baiser.   Comme Jean-Jacques a un peu l’impression d’être pris pour un con et que la fierté c’est de famille (avec un nom pareil), il fait moit-moit sur l’addition.

Vous connaissez les Jean-Jacques, vous payez.

  Mais pour lui au delà de la rentabilité il y a le profit à moindre coût. Il tente le tout pour le tout. En vous disant BYE-BYE il essaie de vous embrasser avec l’excitation cachée de vous ramener à la maison.

Vous esquivez.

Pauvre Jean-Jacques on ne lui a pas souvent dit NON. Autrement dit il n’a jamais surpassé ses colères de petit garçon. Ses nerfs se tendent sous pression. Il aimerait crier et taper du pied. Vous le saluez avec un air amusé parce que vous ne pouvez pas dire :
« Va aux putes Jean-Jacques, tu te feras direct sucer sans raquer pour la pièce du boucher. »
       

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